Dans le cadre d'une émission radiodiffusée sur Radio Espérance le 2 mai 2011
Petite Soeur Marie Albert présente
l'Evangile de la vie.

 

Regard d’ensemble
 

Je reconnais que, avec Familiaris Consortio de 1981, et aussi la lettre aux femmes de Juin1995 l’Evangile de la vie est venu rejoindre et conforter la mission des Maternités Catholiques qui se veut au service l’amour humain, de la vocation des époux, de la famille, de la vie naissante. Je crains, et je vous en demande pardon, de pointer davantage ce qui touche le début de la vie que l’euthanasie par exemple, même si je sais que le Pape en parle et que c’est aussi une tranche importante du respect de la vie.

Pour revisiter avec vous, ce que nous enseigne le Bienheureux Jean Paul II sur la Vie, il m’a paru important de retourner voir, ce qui a été le phare qu’il nous a offert sous ce thème, dans ce message : l’Evangile de la vie.

D’abord, L’Evangile de la Vie est un grand texte de Jean Paul II donné en 1995. Le 25 mars 1995 !
Ce texte est grand par ses dimensions. Une longue encyclique de 105 paragraphes, regroupés en quatre chapitres en dehors de l’introduction et de la conclusion.
Il est grand par son contenu : il aborde la vie humaine, sa valeur, son inviolabilité, depuis la conception jusqu’à la mort- et même au-delà, car il ouvre vers la participation de l’Homme, à la vie divine.Avec souffle et conviction, rigueur, tonus et bienveillance, le Bienheureux Jean-Paul II proclame une Bonne Nouvelle avec son titre : L’Evangile de la Vie…

Expression que nous ne trouvons pas exactement- comme cela- dans la Bible, c’est vrai, mais qui revient sans cesse dans son Encyclique, quasi à temps et à contre temps.
On dirait qu’il s’agit d’une nouvelle culture à répandre. Une urgence à regarder la vie comme don de Dieu, comme si les hommes l’avaient oublié.
La vie est cadeau, la vie se reçoit, la vie se protège. Elle se reçoit mains ouvertes. Il devient nécessaire de le rappeler : on ne peut faire tout et n’importe quoi avec la vie, ni avec la manière de la faire surgir.
Ne déshumanisons pas ce début de la vie, lui même lieu de création, donc lieu de rencontre de Dieu. Oserai-je dire : ne sabotons pas la vie ?

Comme en tout texte d’Eglise, il y a dans cette encyclique un appel au respect de la dignité de l’Homme, un appel à la vigilance, à la prudence. Cette Encyclique s’adresse aux croyants évidemment et, comme beaucoup d’encycliques, à « tous les hommes de bonne volonté », selon l’expression habituelle.

Ce texte a été dit de lecture facile. Cela est à voir. Cependant, l’Evangile de la Vie aborde dans le contexte contemporain -dont les découvertes ne manquent pas- ce qui fait la vie des hommes et des femmes, des époux et des familles, depuis l’accueil de l’embryon, neuf mois avant sa naissance, jusqu’aux temps de la vieillesse et de la mort.

Avec toute l’Eglise et peut être en son nom, Jean Paul II sent une responsabilité directe et urgente de parler face aux menaces actuelles qui touchent la vie. C’est tout le chapitre 1.
Ces menaces viennent bien sur des comportements culturels plus individualistes et plus hédonistes Elles viennent des découvertes récentes et toujours nouvelles en médecine et biologie.
Elles viennent des prouesses techniques aux allures performantes.
Elles viennent, enfin, des sociétés humaines qui semblent s’installer dans ce que Jean Paul II nomme une culture de mort.
Ce qui pèse alors sur la liberté de choix des familles, plus fragiles ou en difficultés, et peut être sur le choix des législations.

Ce document est traversé par « culture de vie » et « culture de mort » en vis-à-vis, en face à face ou en opposition. On pourrait dire un duel prodigieux pour reprendre une expression de l’Apocalypse.

Nous pourrions découvrir chez le Bienheureux Jean-Paul II, un homme de combat ou d’action, mais aussi un père et un contemplatif dans ce document. Son texte a des accents de méditation personnelle et de proximité, à certains moments. D’ailleurs en certains passages, la méditation se fait louange et action de grâce. Ce qui nous fait percevoir de quelle hauteur il nous parle ou de quelle altitude, pourrions-nous dire, il nous parle !



Un document enraciné dans la Parole de Dieu
 

L’Evangile de la Vie est vraiment traversé par la Parole de Dieu.
Puis il se transforme en prière d’intercession : « Accorde nous d’écouter d’un cœur docile et généreux toute Parole qui sort de la bouche de Dieu. » Nous apprendrons ainsi non seulement à ne pas tuer la vie de l’homme mais à la vénérer, à l’aimer, à la favoriser, à la célébrer » (n° 51) ; ou bien il invite à l’émerveillement, à la conviction, mais jusqu'à la célébration. Nous pouvons dire que l’ensemble de ce message a été prié avant de nous être donné : « Il est temps que nous ayons- pour tous- ce regard contemplatif, pour être de nouveau en mesure de vénérer et d’honorer tout homme » nous dit-il.

Et Marie sera, à la fin de cette encyclique, regardée comme témoin et acteur privilégié de l’Evangile de la vie. Jean Pau II nous le montrera par la prière adressée à Marie "Aurore du monde nouveau, Mère des vivants". Nous connaissons la place de Marie dans la vie du Bienheureux Jean Paul II.

L’Evangile de la vie est donc un document enraciné dans la Parole de Dieu. La référence à la Bible Ancien et Nouveau testament est constante. Chaque chapitre et même chaque paragraphe sont annoncés par un verset biblique. Nous sommes devant un florilège de passages sur la vie et sur la mort.

 


Un aspect souligné : l’atteinte à la vie naissante
 

Si Jean Paul II magnifie la vie, Il rappelle aussi tout au long du texte, de l’Evangile de la Vie, la condamnation de toute forme d’atteinte à la vie, dont l’avortement.

Il s’adresse à la fin, avec émotion, tendresse, compassion et peut être consolation aux femmes qui ont été blessées et le demeurent par cet acte de l’avortement (n° 99) : « L’Eglise sait combien de conditionnements ont pu peser sur votre décision, et elle ne doute pas, que, dans bien des cas, cette décision a été douloureuse et même dramatique… Il est probable - dit le Pape- que cette blessure n’est pas refermée…Ne vous laissez pas aller au découragement et ne renoncez pas à l’espérance »

Oui, Jean Paul II veut redire aux femmes, toute sa compassion devant cette blessure de l’avortement. Il sait combien la femme a été touchée dans sa dignité de femme, dans sa vocation de mère. Il sait combien cet acte a été quelque chose de déshumanisant pour elle. Il sait combien un silence pesant peut avoir entouré cet acte, pour essayer de l’éloigner et Il sait toute la culpabilité qui peut ensuite habiter ces femmes meurtries.

Il y a un ton de compassion et même de consolation, pour chacune d’elle. Mais Jean Paul II veut leur dire à chacune, qu’un chemin de pardon, de réconciliation avec elle-même déjà, est possible ! Et cela est entendu ! Le « relevez- vous » est entendu ! Cet évènement dont tant de femmes nous disent : "Je n’arrive pas à oublier". Et bien non, ne l’oubliez pas ; regardez le en face et demandez pardon à ce bout de chou d’avoir eu trop peur de sa venue, de n’avoir pas su à l’époque, faire un autre choix parce que mille raisons ou pressions diverses et précipitations vous ont conduit à ce choix douloureux. Se pardonner, pardonner à ceux qui n’ont pas su les aider, demander pardon au Seigneur qui sait combien ce fardeau est lourd pour elles, c’est possible ! Le Seigneur leur tend les bras. Il les attend. C’est un chemin de vie possible pour toute femme qui n’avait pas pu dire oui à la vie; Le lien indissoluble de la maternité, alors blessé, peut guérir.
 

L'interruption médicale de grossesse
 

Le problème de l’interruption dite médicale de grossesse est aujourd’hui plus fréquent aussi. Le document parle de toutes sortes d’avortements.
Alors un mot sur ce choix de l’interruption médicale de grossesse (IMG), lié, on le sait, au diagnostic prénatal (DPN). Vigilance et prudence, disait déjà le Pape en 1995, face à ce qui est proposé !

Devant un diagnostic prénatal, et son résultat, beaucoup s’embarquent très ou trop rapidement peut être dans l’Interruption médicale de grossesse. Alors, avec délicatesse, nous allons essayer d’entendre ce qui peut se passer, avant et après. Selon ce que j’ai pu rencontrer ! Je ne crois pas m’éloigner de l’Evangile de la vie.

« J’ai voulu faire très vite me dit Corinne, j’espérais oublier… encore plus vite…. Mais c’est là, c’est là… et ça ne passe pas. » Toute femme enceinte est confrontée très tôt dans la surveillance de grossesse, à ce diagnostic prénatal. Il a pour but, nous le savons de s’assurer que tout va bien. Si problème il y a, grand ou petit -mais peut on parler de petit problème à une future maman ?- c’est toujours un coup de tonnerre dans un ciel serein, c’est l’effondrement, la désorientation, la panique : « Quand je suis sortie de la consultation échographique, où j’avais appris une mauvaise nouvelle, dit Nicole, j’étais effondrée, et complètement perdue, Je ne savais plus où j’étais, où j’avais garé la voiture, quel jour et quelle heure il était, où était mon mari –souvent en déplacement- comment utiliser mon portable…J’étais hébétée tout simplement ».

Cette première réaction ou sidération est quasi constante, elle crée instantanément une grande vulnérabilité. Il faudra du temps à la future maman, aux futurs parents pour émerger, pour entendre et comprendre ce qui leur arrive et ce qui est parfois déjà proposé. Il faudrait pouvoir prendre le temps de se poser, et pourtant il faut déjà accueillir en soi, tout ce qui se bouscule, et ce qui va arriver en plus de l’extérieur. Ce temps est- il donné ?

L’interruption médicale de grossesse touche très fortement la femme, les futurs parents, dans un tourbillon de souffrance. Ils ont le plus souvent, encore la tête sous l’eau. La douleur des parents est déjà immense au moment du diagnostic ! Ce bébé qu’ils attendent est atteint de …. Il sera donc porteur d’un handicap……ou, nous savons que le problème annoncé est une malformation létale : le chemin de ce bébé sera donc très court !

Beaucoup de peurs habitent alors le cœur des futurs parents. C’est dans ce contexte de vulnérabilité très forte, très importante qu’est proposée l’interruption médicale de grossesse. Les oscillations entre acceptation et refus de cette intervention se bousculent chez l’un et chez l’autre, pas toujours avec la même intensité. Il y a une souffrance énorme et il faut prendre une décision rapide (justement, est-ce si sûr ? Non !)

Il peut y avoir chez les futurs parents des silences lourds et de fortes tensions. D’où l’importance de pouvoir en parler avec un tiers. Le couple est dans une bourrasque, un brouillard épais, trop épais et parfois pressé par une date quasi arrêtée !

Si alors est fait le choix de l'interruption médicale de grossesse, à la blessure et la douleur d’avoir un enfant qui a un problème s’ajoute celle de le perdre et d’y avoir consenti. Or toucher à la vie qu’elle porte, toucher à celui qu’elle appelle « mon bébé », depuis qu’elle a perçu qu’il était là est insupportable. C’est, dit autrement, ce que nous rappelle l'Evangile de la vie tout au long de ses pages. Là aussi le lien indissoluble de la maternité, qui est blessé, peut guérir.

En ce qui concerne l’avortement en général ceux et celles qui ont parfois eu le sentiment de ne pas être compris, ou, que l’Eglise n’insistait pas assez sur la miséricorde reliront le n° 99 et pourront retrouver la paix.
 

La contraception
 

Le document a aussi une allusion et appelle à la vigilance en ce qui concerne la contraception, le désordre créé, et le risque, très fort, de créer une mentalité de non accueil de la vie. Nous savons que certains moyens sont contragestifs, donc agissent après la conception ce qui n’est pas anodin. Les femmes ont droit à la vérité du fonctionnement du moyen proposé.

Par ailleurs l’encyclique recommande la planification familiale naturelle. Là il faudrait revoir ce que Humanae Vitae a apporté en 1968, et comment et combien c’est encore un message pour l’amour humain vécu aujourd’hui. A l’occasion des quarante ans de sa parution des colloques se sont organisés et ont su redire une parole forte à ce sujet. Nous savons que des équipes y travaillent et travaillent bien pour faire passer ce message. Nous savons aussi que l’OMS reconnait et classe la planification familiale naturelle dans les moyens efficaces ! Intéressant !

 

Magnifier la vie naissante
 

L’Evangile de la vie ne fait pas que pointer les dérives.
L’Evangile de la vie nous invite à célébrer, servir, magnifier la vie. Ceci dès son commencement.
Petites Sœurs des Maternités Catholiques, avec Jean-Paul II, nous voulons croire que Amour et Vie sont liés ! Et déjà en maternité, où nous sommes témoins de la vie qui jaillit, nous croyons toujours que la Vie ne peut jaillir, ne devrait jaillir que dans un contexte d’amour ! Nous nous émerveillons de ce que l’amour conjugal puisse faire jaillir la vie ! Nous nous émerveillons du travail prodigieux qui se vit dans le silence du corps de la femme dés la fécondation. Nous nous émerveillons avec les futurs parents devant une image échographique ! Nous nous émerveillons encore à l’arrivée du bébé en salle de naissance où ce bébé lance son cri de victoire, son merci à la vie, son merci à ses parents, son merci à Dieu !

Jean-Paul II s’est montré à maintes reprises, attentif au prix des réalités humaines, à celui de l’enfance, au mystère de l’incarnation, au prix de la paternité et de la maternité humaine.
Le ton de cette encyclique l’Evangile de la Vie ne devait pas surprendre ! C’est Jean-Paul II qui parle. On y trouve même un ton personnel qui frappe une nouvelle fois par sa hauteur de vue, celle d’un homme qui livre le fruit d’une réflexion longuement murie. Et qui plus est, l’exprime après s’être concerté avec cardinaux et archevêques du monde entier, un peu comme s’il avait l’humanité entière à témoin.

Il importe d’entendre encore à l’occasion de la béatification de Jean-Paul II que nous venons de célébrer cette parole de sens en un domaine où règnent encore aujourd’hui tant d’incertitudes, tant de confusions, et où, tant de consciences se heurtent à de graves interrogations.
Le Pape s’est arrêté dans cette encyclique à deux grands moments de la vie : là où elle est fragile et menacée ; son commencement et sa fin !

Il ne faut pas, il ne faudrait pas nous borner à ne retenir que des interdits ! Ce serait manquer le cœur de l’encyclique ! Et cela serait dommage ! Jean Paul II met en lumière la grandeur de la vie humaine en ses différentes dimensions. Une vie humaine que Dieu lui même est venu assumer. Le texte ouvre sur un regard contemplatif, « regard de celui qui voit la vie dans sa profondeur en en saisissant les dimensions de gratuité, de beauté, d’appel à la liberté et à la responsabilité » (n° 83). Ici comme en d’autres lieux d’ailleurs Jean Paul II parle comme s’il voyait l’invisible.



Ensemble : Serviteurs de la vie
 

D’une certaine manière Jean Paul II nous rappelle dans cette encyclique que le Créateur ce n’est pas l’Homme ! Eh oui, peut-être fallait-il le rappeler ! Non, nous ne sommes pas créateurs ! La vie nous la recevons. Il faudrait peut-être arrêter de jouer aux touts puissants ! Il n’est pas bon de toucher à la dignité de la personne humaine, fut elle un embryon de quelques heures. Il n’est pas bon d’oublier de respecter la même personne humaine. Il n’est pas bon de fabriquer un enfant par toutes les prouesses techniques qui s’annoncent comme chemin de bonheur. L’enfant se reçoit encore mains ouvertes, comme un cadeau ! Ne l’oublions pas !

Par ailleurs le mystère de la vie qui donne aux époux le bonheur d’accueillir un enfant les dépasse. Ils se savent serviteurs de la vie. Cet enfant vient de plus loin qu’eux. Ils le savent bien. Il suffit de les voir au moment du face à face en salle de naissance ! C’est une sage-femme qui vous parle ! C’est quasi un mystère à recevoir ! Les parents ne peuvent que l’accueillir, cet enfant, lui donner le meilleur d’eux-mêmes, le conduire sur son chemin de nouveau-né, puis pendant toutes les années de l’enfance, de l’adolescence, jusqu’à ce qu’il quitte le nid familial pour voler de ses propres ailes.
Le Bienheureux Jean-Paul II dont l’histoire familiale est douloureuse, a su « travailler » « malaxer » la famille et donner de riches enseignements dès le début de sa mission sacerdotale, en serviteur de la Vie !
Nous nous arrêtons aujourd’hui à l’Evangile de la vie. Mais rappelons-nous un ouvrage célèbre avant son pontificat : « Amour et Responsabilité ». Rappelons-nous ses enseignements du mercredi qui rejoignaient les époux, les foyers, les familles. Jean-Paul II parle avec sagesse et par amour ; et si on l’entend bien, je vous assure que l’on se sent en proximité ! Il nous rejoint ! Il rejoint les familles avec beaucoup de sollicitude ; j’oserai dire de tendresse.

Il me plait de rappeler que "Familiaris consortio",exhortation apostolique de 1981, appelée « Les tâches de la famille chrétienne », est toujours d’actualité aussi. C’est une véritable charte pour la famille. Je vous en redis simplement le plan parce que cette exhortation rejoint l’Evangile de la Vie ; ou l’Evangile de la vie rejoint l’exhortation. Ces messages sont fortement liés !

1. Lumière et ombres sur la famille
Jean-Paul II balaie du regard la famille. Il y voit plein de points lumineux qui scintillent, mais aussi des ombres sur lesquels il faudra porter son attention. Vaste chantier, mais il n’y a pas à se décourager en regardant un chantier. C’est habituellement plein d’avenir !

2. Le dessein de Dieu sur la famille
Là c’est un peu « le rêve de Dieu » sur la famille ! Oui, la famille telle que Dieu l’a rêvée. Ce n’est quand même pas rien de devoir réaliser le rêve de Dieu sur notre vie ! Eh bien voilà c’est donné à la famille et à chaque baptisé d’ailleurs ! Chaque être humain y est appelé !

3. Les devoirs de la famille chrétienne
Un peu comme s’il donnait le code de la route pour réaliser la seconde partie ce que j’appelle le rêve de Dieu sur la famille. Et je vous recommande si je le peux, de reprendre ce document, vous verrez que c’est concret et accessible.

4.La pastorale familiale (appelée quelquefois la pastorale des familles)
Là, Jean-Paul II dit aux familles : Vous n’êtes pas seules. Pour avancer tout au long de votre route, l’Eglise veut être avec vous ; elle peut vous accompagner. Et cela, dès la préparation au mariage. Il est d’ailleurs fait remarquer que celle-ci commence en famille en regardant vivre ses parents, modèle qui s’imprime chez l’enfant, puis les sessions de préparation au mariage, puis la préparation au sacrement plus directement.
Ensuite, en sous titre, le Pape nous parle de la pastorale post-matrimoniale, pour les époux. Avec le temps de l’accueil des enfants, si cela leur est donné. Puissent-ils rencontrer sur leur chemin des serviteurs de la vie à cette étape aussi.
Et il souligne le cheminement de la vie des foyers qui peut être accompagné par les divers mouvements familiaux ! Ceux-ci rejoignent les époux par diverses facettes. Les situations difficiles ne sont pas oubliées. Mais il ne s’agit pas d’un robinet d’eau tiède. Il y a de la rigueur, mais jamais de rigidité dans ses propos.

Revenons à L’Evangile de la vie
Le Bienheureux Jean Paul II parle avec autorité, certes ; une autorité paternelle faite de beaucoup de bienveillance, c’est sûr ! Il a toujours su allier rigueur et compassion. Il y avait dans son cœur une grande place pour la miséricorde. Il a toujours invité l’Eglise à tenir les rênes fermement et avec souplesse, avec accueil et tendresse face à la souffrance, quelle qu’elle soit, et notamment dans tout ce qui touche la vie des familles, la vie naissante, mais aussi, encourageant une présence auprès de ceux qui approchent la fin de vie. C’est redit dans l’Evangile de la vie. Rappelons–nous la lettre sur le sens chrétien de la souffrance. Jean-Paul II nous redisait que nous devions être des bons samaritains, dans la proximité, et, face à la souffrance de l’autre.

Dans son appel prophétique à promouvoir l’Evangile de la vie, le bienheureux Jean Paul II invite à une mobilisation générale des consciences et à un effort commun d’ordre éthique, pour mettre en œuvre une grande stratégie au service de la Vie : « Nous devons construire tous ensemble une nouvelle culture de la vie… L’urgence tient à la situation historique que nous traversons. Elle provient aussi de la mission même d’évangélisation qui est celle de l’Eglise. Agir en faveur de la vie, c’est contribuer au renouveau de la société par la réalisation du bien de tous » C’est se vouloir encore, mais simplement, humblement, serviteur de la vie !



Message encore d’actualité face à la dignité de l’Homme
 

Dans l’alternance entre les chapitres centrés sur les menaces de mort et ceux qui sont centrés sur le prix de la vie, le Pape revient sur l’incommensurable dignité de l’homme !
Ce document "L’Evangile de la Vie", est de 1995, mais chacun peut comprendre qu’il n’a pas vieilli. Nous recevions là un texte important qui apportait et apporte encore aujourd’hui une contribution ferme, aux débats de société, dans un contexte où un nombre important du monde médical, social et politique et -à ce jour- les révisions des lois bioéthiques, s’interrogent sur les pratiques en cours. Nous pouvons noter aussi que cette position n’est pas à sens unique. Elle tient compte des débats en cours, nous l’avons vu avec tout le travail mené par Mgr d’Ornellas autour de la révision des lois de bioéthique.

Dans une culture où apparait de plus en plus que la technique, les sciences et même la philosophie libérale ne sont pas suffisantes pour élaborer des normes, cette éthique, qui se veut ancrée dans la tradition spirituelle et dans l’universalité de l’appel à la conscience est aujourd’hui encore un des principaux repères, quelle que soit la manière dont on la perçoit ou la reçoit. Le travail de réflexion et recherche ne s’est pas achevé le 25 mars 1995. Le chantier continue d’avancer. Il doit progresser ! Le Bienheureux Pape Jean-Paul II peut être sollicité pour veiller !

Ceux qui sont en contact avec des personnes concernées par les questions abordées savent que quand des aspects sont perçus sous l’angle « d’interdits », il reste beaucoup à entendre - une souffrance bien souvent - ; beaucoup à dire peut-être ; ou beaucoup à faire, je ne sais, pour favoriser un accueil positif, pour regarder avec eux les chemins possibles. Mais précisément cette tâche d’éclairage anthropologique, spirituel, mystique peut-être, sera toujours nécessaire. Des présentations ont été faites, des éclairages donnés. Il reste que dans une situation particulière il y a besoin d’écoute et d’accompagnement comme dans toute situation qui a coloration d’épreuve.

Le fond de cette encyclique est positif, tonique même, et a pu être reçu, perçu, comme une bonne nouvelle ; et l’Evangile de la Vie a encore des choses à nous dire. A ceux qui la reliront, je dirai : commencez par prier le Bienheureux Jean-Paul II. Demandez-lui de vous aider à saisir le cœur de son message. Et vous recevrez beaucoup !



Pour terminer cette réflexion


Je voudrais, comme Jean-Paul II, avec lui que nous tournions notre regard sur Marie, avec ses mots à lui : « Pour accueillir la Vie, au nom de tous, il y eut déjà Marie, la Vierge Mère….Marie a donc avec l’Evangile de la Vie des liens « personnels », très étroits …. Le consentement de Marie à l’Annonciation et sa maternité se trouvent à la source même du mystère de la vie que le Christ est venu donner aux hommes….» nous dit le Pape Jean Paul II. "Par son accueil, par sa sollicitude pour la vie du Verbe fait Chair…..la condamnation à la mort définitive et éternelle a été épargnée à la vie de l’homme…C’est pourquoi Marie comme l’Eglise dont elle est la figure, est la mère de tous ceux qui renaissent à la vie…..», nous dit-il encore. "Elle est vraiment la Mère de la Vie qui fait vivre tous les hommes ; et en l’enfantant, elle a en quelque sorte, régénéré tous ceux qui allaient en vivre. En contemplant Marie, l’Eglise découvre le sens propre de sa maternité et la manière dont elle est appelée à l’exprimer. En même temps l’expérience maternelle de l’Eglise ouvre la perspective la plus profonde pour comprendre l’expérience de Marie, comme modèle incomparable d’accueil de la vie et de sollicitude pour la vie. »
Dans cette conclusion le Pape nous parle de la Femme de l’Apocalypse : « Un signe grandiose, une Femme enveloppée de soleil...C’est tout le Mystère de la femme.
Plus loin le texte nous montre la vie menacée par les forces du mal. Sourde opposition à l’accueil de la Vie, entendons le bien ! Il rôde, elles rôdent les forces du mal. Mais nous sommes aussi renvoyés au message de l’Ange à l’Annonciation : « Sois sans crainte Marie » et « Rien n’est impossible à Dieu. »
« Culture de vie » « Culture de mort. » « La mort et la vie s’affrontent dans un duel prodigieux. Le Maitre de la vie mourut. Vivant, Il règne ! » L’appel à réhumaniser notre regard sur la vie humaine est urgent, très urgent, urgentissime.



Prière pour la vie


Avec le Bienheureux Jean-Paul II, reprenons sa prière à Marie, Aurore du monde nouveau,et confions- lui cette urgence (je vous signale qu’elle a été mise en musique et peut donc se chanter) :
O Marie , Aurore du monde nouveau,
Mère des vivants,
nous te confions la cause de la vie.
Regarde ô Mère, le nombre immense des enfants que l’on empêche de naître ;
des pauvres pour qui la vie est rendue difficile,
des hommes et des femmes victime d’une violence inhumaine,
des vieillards et des malades tués par l’indifférence ou par une pitié fallacieuse.
Fais que ceux qui croient en ton Fils sachent annoncer aux hommes de notre temps
avec fermeté et amour
l’Evangile de la Vie.
Obtiens-leur la grâce de l’accueillir comme un don toujours nouveau,
la joie de la célébrer avec reconnaissance dans toute leur existence
et le courage d’en témoigner avec une ténacité active,
afin de construire avec tous les hommes de bonne volonté,
la civilisation de la vérité et de l’amour,
à la louange et à la gloire de Dieu Créateur qui aime la vie. Amen.


Merci Bienheureux Jean-Paul II de nous avoir laissé cette prière à Marie comme point final de cette encyclique : l’Evangile de la vie.

Il faut rendre hommage à Jean-Paul II pour son acharnement à défendre la dignité de toute femme, avec comme fil rouge ou fondement, sa vocation à la maternité. Qu’elle soit biologique ou non, la fécondité de la femme lui parait très importante, et c’est cette conception de la vocation de la femme qui a soulevé bien des débats, suite à ses interventions, avec le soutien et la défense de la vie bien sur ! Mais c’est lié !
Que le Bienheureux Jean Paul II nous bénisse encore et encore ! Que sa passion pour la vie devienne contagieuse et joyeuse !